Quel serveur choisir pour la virtualisation
Regrouper plusieurs serveurs sur une seule machine physique réduit les coûts et simplifie la sauvegarde. Encore faut-il dimensionner correctement le serveur hôte. Voici la méthode que nous appliquons pour nos clients.
Commencer par l'inventaire des machines virtuelles
Listez les serveurs à virtualiser : contrôleur de domaine, serveur de fichiers, application de gestion, base de données, messagerie. Pour chacun, notez la mémoire utilisée, le nombre de processeurs virtuels et l'espace disque occupé, puis ajoutez une marge de croissance de 30 % sur trois ans.
Ce tableau est la base de tout le dimensionnement. Sans lui, on achète soit trop, soit trop peu.
La mémoire, premier critère
En virtualisation, la mémoire est généralement la ressource qui manque en premier. Additionnez la mémoire de toutes les machines virtuelles, ajoutez 8 à 16 Go pour l'hyperviseur et une marge de 20 à 30 %.
Sur les serveurs récents (HPE Gen11, Dell 16G), la mémoire est en DDR5. Préférez des barrettes identiques réparties sur tous les canaux du processeur pour de meilleures performances.
Processeurs : le nombre de coeurs plutôt que la fréquence
Une PME qui virtualise 5 à 10 serveurs est bien servie par un processeur de 16 à 24 coeurs. Un second processeur se justifie pour les charges lourdes ou un grand nombre de machines virtuelles.
Attention aux licences : certains logiciels (Windows Server, bases de données) sont licenciés par coeur. Un processeur surdimensionné peut faire grimper le coût des licences.
Disques et RAID
Pour la majorité des usages, des SSD SAS ou SATA en RAID 10 ou RAID 5 offrent le meilleur compromis entre performances et sécurité. Les disques SAS 10K restent pertinents pour les gros volumes peu sollicités, comme les archives.
Un contrôleur RAID matériel avec cache protégé par batterie (Dell PERC, HPE Smart Array) est recommandé pour VMware et Hyper-V. Avec Proxmox et Ceph ou ZFS, on utilise plutôt les disques en accès direct.
Redondance et administration à distance
Deux alimentations redondantes branchées sur deux circuits différents, dont un protégé par onduleur, évitent l'arrêt sur panne d'alimentation.
Les licences iDRAC Enterprise (Dell) ou iLO Advanced (HPE) donnent accès à la console du serveur à distance, même éteint : un gain de temps précieux pour les sites distants.
Rack ou tour ?
Le format rack (1U ou 2U) s'impose dès qu'il existe une baie informatique. Le format tour convient aux petites structures sans salle serveur, car il est plus silencieux et ne nécessite pas de baie.

